.

Planification et aménagement urbains

Icons-02L’urbanisation grandissante que connaît le monde aujourd’hui, notamment dans les pays en développement, ne vas pas sans poser de problèmes au niveau de la répartition des personnes et des ressources, mais aussi au niveau de l’aménagement du territoire et de l’occupation des sols. Dans certains endroits, les zones urbaines se sont développées beaucoup plus vite que la population qui y habite, ce qui a abouti à des plans d’occupation des sols inefficaces et qui manquent de densité. Les modèles urbains articulés autour de la voiture, qui se caractérisent par des dispositions de zonage découpant l’espace urbain en zones résidentielles, commerciales et industrielles, sont toujours largement prédominants.  Il devient vite difficile pour ces villes qui s’étendent à l’horizontal de composer avec une population qui ne cesse de croître, d’autant que ce modèle n’est pas viable sur le long terme en raison des nombreux effets pervers qu’il implique, comme le surpeuplement, les problèmes d’infrastructures, la pollution ou la décomposition sociale.

En l’absence de stratégies d’aménagement urbain, de cadres de référence et de coordination, l’accroissement démographique conduit bien souvent à de grandes conurbations et à l’étalement des villes, puisque les habitants en provenance des centres urbains viennent s’installer en périphérie, souvent sans pouvoir bénéficier des services , des équipements, et des infrastructures nécessaires. Par conséquent, les pressions pour accéder à la terre et aux ressources naturelles, mais aussi les contraintes liées à l’énergie ou à la mobilité, ne tardent pas à avoir un effet néfaste sur l’économie de la ville et sur la productivité de la zone urbaine dans son ensemble.

Aménagement urbain : l'aspect d'une ville

En matière d’aménagement urbain, on sous-estime souvent l’importance de l’esthétique, des espaces et des infrastructures publics et on ne mesure pas vraiment la relation entre qualité de vie, progrès social et autres éléments constitutifs du bien-être. Pourtant, les villes attrayantes ont davantage de chances d’attirer une population active créative, innovatrice et qualifiée, ainsi que les investissements indispensables à l’économie urbaine. Malheureusement, même quand ceci est bien compris, le manque de moyens fait souvent passer l’aménagement urbain au second plan, en faveur des besoins prioritaires comme la fourniture des services élémentaires.

Au niveau régional, les villes ont tendance à se développer le long de couloirs d’infrastructure, en s’imposant comme des moteurs de croissance. Cependant, ce développement est bien souvent improvisé et se fait sans coordination entre les différentes villes, ce qui fait perdre à la région de nombreuses opportunités sur le plan social, économique et environnemental.

Villes moyennes

Malgré le fait qu’elles accueillent aujourd’hui plus de 60 pourcent de la population urbaine mondiale et qu’elles bénéficient de la croissance la plus rapide, les villes moyennes (celles qui comptent entre 100 000 et 500 000 habitants) sont souvent négligées par les pouvoirs publics et ne bénéficient généralement pas des moyens techniques ou financiers des villes plus importantes pour assurer un aménagement adéquat. Et pourtant, négliger l’aménagement du territoire aujourd’hui ne peut conduire qu’à des difficultés qu’il sera encore plus couteux de résoudre à l’avenir.

Améliorer la planification et l'aménagement urbain

En général, le principal obstacle à un aménagement urbain réussi provient du manque de structures appropriées et de réglementations au niveau national et infranational. Les disparités entre les différentes situations locales et les dispositifs d’aménagement urbain nationaux, notamment, se font de plus en plus en sentir dans de nombreux pays.

Nos villes doivent devenir des espaces de facilitation des avancées sociales, économiques et environnementales. Pour qu’elles se développent de façon durable et universelle, il leur faut devenir plus compactes et répondre à la croissance démographique par une augmentation de leur densité. Seule une plus grande concentration leur permettra de pouvoir innover, d’améliorer la qualité de vie et d’accueillir un plus grand nombre de résidents de façon responsable, c’est-à-dire avec une empreinte écologique réduite, une plus faible consommation de ressources par habitant et de plus faibles émissions par habitant que n’importe quel autre mode d’habitat.

Une expansion ordonnée exige que le processus d’aménagement se fasse selon des cadres réglementaires. À l’échelon national, il est nécessaire qu’une politique d’urbanisme soit mise en place afin de mettre à disposition un cadre de coordination général qui sera à même de répondre aux difficultés que pose la rapidité du développement urbain. En tant que référence de réforme institutionnelle législative, la politique d’urbanisme servira aussi d’orientation aux différents ministères ainsi qu’aux prestataires de services urbains. Par ailleurs, cette politique représente une bonne occasion de favoriser la consultation des différents acteurs de la ville.

Concilier objectifs économiques et environnementaux

Afin de pouvoir concilier les objectifs économiques et environnementaux de la région dans son ensemble, les collectivités doivent assurer la coordination de l’aménagement urbain par le biais de plans régionaux et métropolitains. Ces plans sont cruciaux pour l’optimisation des infrastructures entre villes voisines, pour l’implantation des équipements essentiels et pour l’optimisation des recettes liées au développement régional et à la compétitivité.  Du point de vue environnemental, ces plans doivent tenir compte de la préservation des écosystèmes et de la biodiversité, de la prévention des catastrophes naturelles (prévention des inondations et de l’érosion) et de la mise à disposition d’activités de loisirs.

Projets d'expansion et de densification

À l’échelon de la ville, des projets d’expansion et de densification sont indispensables pour répondre aux prévisions de croissance de façon responsable et pérenne. La planification doit aboutir à un réseau urbain cohérent qui minimise les coûts de transports et de prestations de services, qui optimise l’occupation des sols et qui permette la préservation et l’agencement des espaces ouverts urbains. Les projets de planification doivent viser à la densification des banlieues, au réaménagement de certaines zones, à l’implantation de nouvelles zones de plus grande densité, à l’aménagement des friches (réhabilitation des terres autrefois affectées à des activités industrielles), aux reconversions de bâtiments et à l’aménagement axé sur le transport en commun.

Ces projets d’expansion et de densification consistent à mettre à disposition suffisamment de terrains et de structures spatiales pour permette le développement urbain et attirer les investissements.  Les villes doivent aussi pouvoir garantir la disponibilité de larges superficies pour leur développement, afin de minimiser le coût des terrains et la spéculation foncière. Pour pouvoir accueillir une population importante avec une empreinte écologique réduite, tout en bénéficiant des avantages de la concentration sur le plan économique (comme notamment l’optimisation des coûts d’infrastructures et de services), les pouvoirs publics doivent aussi mettre en place des stratégies de densification, en autorisant par exemple l’occupation mixte des sols  ou la construction de bâtiments de plus grande taille.

Repenser l'espace public

Les instances urbaines doivent également repenser les espaces publics tels que les parcs, les espaces verts et les rues. Des espaces publics bien conçus contribuent non seulement à améliorer l’esthétique générale, mais contribuent aussi au dynamisme économique et à l’ergonomie de la ville. Les quartiers à haute densité de population mais pourvus d’espaces publics, d’infrastructures et de services de transports publics adéquats favorisent la marche, la pratique du vélo et des les autres modes de transport éco-responsables et non-motorisés, ce qui permet de réduire les émissions de carbone et la consommation de ressources fossiles.

Par ailleurs, la mise en place d’environnements favorables aux piétons et d’équipements publics où les citadins peuvent se rassembler, tels que les centres culturels, les centres de loisirs ou les complexes sportifs, favorisent le lien et la mixité social et font ainsi des quartiers des endroits plus solidaires, plus vivants et au final plus attractifs pour les résidents comme pour les investisseurs. Sur le plan environnemental, l’aménagement urbain doit générer une économie verte qui ne dépend pas des énergies fossiles. Durant la phase de conception des projets d’aménagement urbain, les pouvoirs publics doivent intégrer des stratégies à faible taux d’émission et tenir compte du changement climatique.

Les accomplissements d'ONU-Habitat au regard de la planification et de la conception urbaines

ONU-Habitat accompagne les pouvoirs publics à l’échelon municipal, régional et national pour l’amélioration des politiques, projets et études qui plaident pour des villes plus concentrées, plus ouvertes à toutes les classes sociales, mieux intégrées et davantage reliées entre-elles, tout en faisant la promotion d’un développement urbain durable et adapté au changement climatique.

L’approche d’ONU-Habitat en matière de planification et de conception urbaine met l’accent sur la prévention des difficultés et encourage les processus par étapes, en commençant par la mise à disposition des services élémentaires, tels que l’eau et l’assainissement, et en adaptant le projet aux moyens financiers à disposition. Conjuguée aux technologies actuelles, la conception urbaine est à-même de résoudre la plupart des difficultés auxquelles les villes sont confrontées et de les mener à la prospérité.

Soutien aux projets d'urbanisme régionaux

ONU-Habitat a déjà accompagné plusieurs projets d’urbanisme, comme par exemple au Burundi, au Malawi, en Mongolie et au Sri Lanka où le programme a aidé à mettre en place des cadres stratégiques pour la ville. Dans le cadre de ces projets, la participation d’ONU-Habitat consiste en une évaluation de pays, en conseils relatifs à la mise en place de procédures au niveau national et à la participation des différentes parties prenantes, et aussi en la mise à disposition de documents sur les pratiques de référence concernant les mesures nationales. ONU-Habitat propose également une analyse des mesures et instruments d’urbanisme et facilite les échanges entre les échelons locaux et nationaux concernant les réformes, mais aussi la diffusion et le renforcement des capacités entre tous les acteurs concernés.

À l’échelon des villes-régions et des zones métropolitaines (comme par exemple dans la région du Grand Caire en Égypte, la région du lac Victoria, le bassin du Mékong au Vietnam, mais aussi en Palestine et au Sud-Soudan), ONU-Habitat a œuvré pour une meilleure utilisation des ressources dans les agglomérations urbaines en y identifiant les modes de fonctionnement qui participent au développement durable. ONU-Habitat attache une importance toute particulière au développement territorial de la ville-région ou de la zone métropolitaine, qui correspond en général à un rayon de 100 km au sein duquel les échanges entre une ou plusieurs villes et l’arrière-pays avoisinant sont très importants.

En ce qui concerne l’expansion des villes et leur densification, ONU-Habitat apporte son aide pour l’élaboration de schémas urbains compacts et de densité moyenne à élevée, ce qui permet un système de transports publics efficace et favorise aussi la concentration de l’activité économique, des services et des équipements. Le programme aide aussi à la réalisation de projets d’environnements mixtes et d’espaces publics qui favorisent les petits commerces.  À l’échelon national, ONU-Habitat évalue les besoins en conception urbaine pour les villes de taille moyenne et les villages, notamment en identifiant les partenaires potentiellement intéressés par les initiatives innovantes. Le programme a ainsi aidé l’Égypte à redessiner la périphérie de ses villes et à structurer l’expansion de 50 petites villes.  En ayant recours à des méthodes d’expansion et de densification, ONU-habitat a également facilité l’intégration des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays en Somalie et au Sud-Soudan.

En outre, le programme a aussi contribué à la conception d’espaces publics au Kosovo et à la conception participative de marchés urbains en Somalie. Au Kenya, en Inde et au Mexique, des méthodes de conception d’espaces publics ont été systématiquement mises en œuvre afin de renforcer la sécurité et le lien social dans les quartiers défavorisés.  Le rôle joué par les espaces publics au regard de la revitalisation économique et de l’implication locale a pu être étudié par le biais de projets de réfection de taudis en Colombie et au Kenya. Les opérations d’aménagement des espaces publics ont pour objectif d’améliorer les aspects fonctionnels et culturels dans un contexte donné, de renforcer les interactions et la cohésion sociales ainsi que d’optimiser le dynamisme économique. Cela passe par l’accès de tous aux espaces publics, ce qui conduit à l’amélioration générale de la qualité de vie en milieu urbain.

 

Menu Title