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Énergie

energy Icons-07 Peu importe la source, l’énergie est un facteur important pour le développement. L’énergie est nécessaire pour le transport, les activités industrielles et commerciales, les bâtiments et les infrastructures, la distribution de l’eau et la production alimentaire. La plupart de ces activités ont lieu dans ou autour des villes, qui sont en moyenne génératrices de plus de 75 pour cent du produit intérieur brut (PIB) d’un pays et sont donc les principaux moteurs de la croissance économique mondiale. Pour l’exécution de ces activités, les villes ont besoin d’un approvisionnement ininterrompu en énergie. Elles consomment environ 75 pour cent de l’énergie globale primaire et émettent entre 50 et 60 pour cent du total mondial des émissions de gaz à effet de serre. Ce chiffre s’élève à environ 80 pour cent lorsque les émissions indirectes générées par les habitants urbains sont incluses. Les bâtiments consomment également de vastes quantités d’énergie à tous les stades de leur existence. L’énergie est nécessaire pour l’extraction des matières premières, les processus de construction, l’entretien et les besoins opérationnels quotidiens tels que l’éclairage, la climatisation, et le nettoyage. De plus, l’étalement urbain, l’augmentation des distances entre les destinations et des systèmes inefficaces de transport public ont rapidement provoqué l’utilisation des transports motorisés privés – notamment la voiture – qui sont des consommateurs d’énergie voraces, principalement de produits pétroliers. En 2012, l’approvisionnement mondial en énergie consistait de 81,3 pour cent de combustibles fossiles (pétrole, charbon et gaz), 9,7 pour cent d’énergie nucléaire, et seulement 9 pour cent de sources d’énergie renouvelables (comme l’hydroélectricité, l’électricité éolienne, la biomasse et l’énergie solaire). Malheureusement, cette utilisation généralisée des combustibles fossiles provoque un certain nombre de problèmes. La production d’énergie basée sur le fossile est nocive pour l’environnement, non seulement en raison de l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre et la pollution causée par la combustion des carburants, mais aussi à cause des techniques d’extraction qui contaminent l’environnement, ainsi que par des accidents fréquents de production ou de livraison. Par ailleurs, en raison de la mono-dépendance actuelle des combustibles fossiles, l’approvisionnement baisse ou les prix augmentent, ce qui peut facilement perturber l’économie. Les combustibles fossiles sont également trop souvent une source de conflits régionaux et servent de moyen de pression politique. En outre, les ressources de combustibles fossiles ne sont pas infinies, et leur épuisement proche est une réalité.

Stratégies pour améliorer la situation de l'énergie urbaine
Un système durable d’énergie urbaine doit être basé sur des technologies écologiques et non-polluantes du côté de l’approvisionnement, une infrastructure de distribution efficace ainsi qu’une consommation réduite du côté de l’utilisateur final. Les villes doivent donc passer de la génération actuelle d’énergie transformant surtout des combustibles fossiles vers une utilisation de sources d’énergie renouvelables, non seulement à cause de l’épuisement éminent des ressources, mais aussi pour réduire les conséquences négatives, telles que les émissions de gaz à effet de serre et la pollution. De même, la consommation d’énergie doit être réduite en changeant les modes de consommation et en adoptant des techniques d’économie d’énergie. Enfin, parce que l’énergie est primordiale pour la génération de revenus, sa distribution doit devenir plus inclusive et équitable afin de favoriser un développement qui est universel, en particulier pour les populations les plus pauvres des zones urbaines. Bien que les technologies d’énergies renouvelables, telles que l’énergie éolienne, hydraulique, solaire et géothermique sont de plus en plus accessibles et couvrent déjà les besoins énergétiques de certains quartiers sinon de villes entières, la nature instable et intermittente de l’approvisionnement ainsi que des coûts initiaux élevés sont les principaux freins d’une adoption plus large. Néanmoins, les avantages à long terme l’emporteront sur les difficultés initiales, tant d’un point de vue environnemental que d’une perspective économique. Par exemple, une fois un système de production d’énergie renouvelable en place, les futurs coûts de fonctionnement sont généralement très faible en raison d’une offre abondante et peu coûteuse de la source d’énergie. Les villes doivent également évaluer et prendre en compte leurs spécificités météorologiques et géographiques afin de transformer au mieux les ressources naturelles environnantes en énergie. Afin d’atténuer le problème de l’intermittence de l’approvisionnement, plusieurs sources d’énergie renouvelables peuvent être combinées pour surmonter les pénuries spécifiques à la source – solaire la nuit, éolien lors d’accalmies. Des solutions peuvent également provenir de technologies de traitement de déchets et de récupération de chaleur qui peuvent être utilisées pour combler les déficits d’approvisionnement. Les réseaux intelligents – réseaux de transmission électriques qui harmonisent l’offre et la demande – sont une autre solution pour mieux gérer une alimentation énergétique intermittente, en équilibrant une production variable d’électricité avec les besoins également variables des utilisateurs finaux. Ces réseaux sont également plus efficaces dans la transmission et la distribution, réduisant ainsi les pertes d’énergie. Connectés à ces réseaux, certains appareils peuvent être programmés afin de fonctionner pendant les périodes d’abondance d’énergie. Par exemple, une machine à laver n’a pas besoin de fonctionner à un moment précis, elle peut s’allumer automatiquement la nuit ou pendant que l’utilisateur est au travail.
Diminuer la consommation d’énergie
Le principal changement, cependant, doit venir des utilisateurs finaux: individus, entreprises et industries doivent baisser leur consommation. Plus la demande d’énergie est faible, plus les besoins de production seront réduits. Les solutions technologiques doivent venir en aide à l’optimisation de la consommation d’énergie. Les réseaux intelligents peuvent être jumelés avec des appareils intelligents – voire maisons ou bâtiments entiers – qui adaptent leur activité et consommation en fonction des prix et niveaux de disponibilité de l’électricité. Foyers, bureaux et usines peuvent programmer des compteurs intelligents afin de faire fonctionner certains appareils ou machines uniquement lorsque l’offre énergétique est abondante. Par exemple, une machine à laver peut être configurée de telle sorte pour qu’elle ne démarre seulement quand il y a suffisamment d’électricité ou lorsque le prix de l’électricité est inférieur à un certain seuil. Les bâtiments eux-mêmes ont un énorme potentiel d’économie d’énergie, en adoptant des modes de construction écologique ou à faible énergie tels qu’une architecture promouvant les concepts d’énergie passive. Des économies peuvent être réalisées en intégrant un système efficace de chauffage, de refroidissement, d’isolation, d’éclairage et des systèmes de distribution d’eau dans les bâtiments neufs ou rénovés qui permettront d’accroître la rétention de l’énergie. De même, les sources alternatives d’énergie comme les panneaux solaires sur un toit peuvent compléter l’électricité du réseau. L’utilisation de matériaux de construction recyclés, réutilisés ou à faible énergie (en termes de fabrication) contribuera aussi à un meilleur bilan énergétique. Afin de réduire la consommation de combustibles fossiles liée à la mobilité, les villes doivent développer des systèmes de transport public attrayants et augmenter la part du transport non-motorisé en développant une infrastructure spécifique comme des pistes cyclables et trottoirs, ainsi qu’optimiser la livraison de marchandises, par exemple en encourageant le transport par rail pour le transport de biens. La production alimentaire et de la distribution de l’eau sont eux aussi grands consommateurs d’énergie. Réduire le gaspillage alimentaires et de l’eau contribuera, par conséquent, à la réduction de la consommation globale d’énergie. Outre de pousser à une réduction de la consommation énergétique du côté de la production et de la livraison des produits agricoles, les villes doivent également promouvoir l’agriculture urbaine, comme la culture sur toits (on estime que 30% des espaces urbains pourraient être couverts). Les habitudes de consommation doivent changer : les citoyens doivent être encouragés à utiliser davantage de produits locaux et à adopter une culture de “prosommation” en produisant leur propre nourriture. Le même raisonnement peut être étendu aux habitudes de consommation en général, avec les résidents adoptant des habitudes de consommation plus durables tels que le recyclage. Les villes doivent inciter les industries à mettre leurs ressources en commun afin de créer des effets de synergie. Ceci peut être réalisé par la création de parcs éco-industriels, où les déchets et sous-produits d’une industrie servent de matière première à une autre, améliorant ainsi l’efficacité énergétique tout en réduisant les impacts écologiques. De plus, d’un point de vue économique, cela rend les entreprises plus compétitives, car une meilleure gestion des déchets entraîne aussi une réduction des coûts.
Les gouvernements, régulateurs et moteurs du changement
Les villes ont besoin d’établir des politiques et des normes solides pour développer des systèmes énergétiques durables et réduire l’utilisation de technologies et pratiques non-durables. Les gouvernements doivent non seulement établir des législations réglementant l’utilisation et la consommation d’énergie, mais doivent aussi mettre en place des mesures encourageant la recherche, l’innovation, et, surtout, l’adoption de technologies plus écologiques et plus efficaces. Une collaboration solide et une compréhension mutuelle entre le secteur privé qui, globalement, gère la plupart des systèmes d’énergie, et les autorités chargées du contrôle est donc primordiale pour balancer les intérêts commerciaux à court terme avec les préoccupations environnementales et opportunités de développement durable à long terme. Les gouvernements doivent également approfondir la collaboration entre partenaires locaux et internationaux afin de permettre aux entreprises locales de renforcer leurs connaissances, expertise et compétitivité. Dans les cas où un gouvernement ne peut pas assumer à lui seul les coûts, comme de nombreux pays en développement, des partenariats privés et publics peuvent être envisagés pour développer les systèmes énergétiques. Afin que chaque ville puisse s’adapter à ses propres particularités locales, les autorités doivent concevoir des systèmes et infrastructures énergétiques décentralisés. Elles doivent aussi disposer de législations et systèmes fiscaux spécifiques, promouvant d’un côté l’utilisation d’énergies durables et dissuadant, de l’autre, l’utilisation de technologies et habitudes de consommation polluantes et inefficaces.
ONU-Habitat et l'énergie urbaine
ONU-Habitat aide les gouvernements nationaux et autorités locales à élaborer des politiques et programmes sur l’énergie urbaine et la gestion des effets du changement climatique. Ces programmes prennent en compte les ressources et des besoins énergétiques particuliers, proposant des méthodologies et des stratégies de planification sur mesure. ONU-Habitat possède une vaste expérience dans l’énergie urbaine, appliquant et adaptant les leçons du passé et bonnes pratiques dans ses projets actuels et futurs, aussi bien dans la planification énergétique durable que dans les actions d’atténuation des effets du changement climatique. Dans le domaine de l’énergie, ONU-Habitat vise principalement à inciter l’élaboration de politiques, stratégies, législation et plans de développement énergétique durables, afin de permettre une transition progressive vers des systèmes urbains à faible production de carbone constituée d’infrastructures et de services non-polluants. D’autres domaines d’interventions comprennent des opérations de sensibilisation aux questions d’énergie ainsi que le renforcement des capacités concernant la planification énergétique durable en milieu urbain. Par exemple, en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et les gouvernements du Kenya, l’Ouganda, la Tanzanie, le Rwanda et le Burundi, ONU-Habitat a lancé un projet en 2011 pour promouvoir des bâtiments énergétiquement efficients en Afrique de l’Est. Ce projet concerne au moins 600 000 unités de logement, 100 grands immeubles de bureaux, de nombreux hôtels ainsi que des institutions publiques. Sur une période de 20 ans, en raison d’une réduction de la consommation d’énergie, ce projet permettra de réduire les émissions de dioxyde de carbone de plus de 7 millions de tonnes. Ce projet met l’accent sur trois niveaux d’intervention: régional (standardisation et le partage des connaissances dans les communautés de l’Afrique de l’est); nationale (modifiant les codes du bâtiment, règlements et normes); et local (la sensibilisation, la formation et le soutien dans la mise en œuvre des normes de construction et la règlementation dans les villes). Le projet adopte une approche holistique, allant au-delà des codes du bâtiment et des règlements en place actuellement.
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