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Reglement de conflit foncier entre populations et militaires

By on 07/04/2018

L’ONU-Habitat facilite le règlement du différend foncier entre les populations et les militaires stationnés à Rumangabo, Groupement de Kisigari, chefferie de Bwisha, Territoire de Rutshuru, Nord Kivu 

Le vendredi 29 juin 2018 – Grâce à une médiation de l’ONU-Habitat, mené dans le cadre de la PCFP avec l’appui financier de la Coopération Britannique, les militaires stationnés au Centre de brassage et de recyclage-Rumangabo et les populations vivant dans les environs dudit centre viennent de fumer le calumet de la paix après plus d’une décennie de conflit foncier.  Les militaires reprochaient aux populations d’utiliser leur espace pour y exercer des activités agricoles et leur imposaient des taxes et redevances d’usage.

Pour parer à cette situation, l’ONU-Habitat n’a ménagé aucun effort pour amener les parties concernées à la table de négociation pour que soit trouvé enfin un règlement à l’amiable et définitif. A l’issue du bornage de ce camp, un titre foncier devra couvrir cet espace pour éviter un rebondissement et des plantules devront joncher les limites pour éviter toute tentative d’envahissement du camp.

Les collaborateurs de la société civile et techniciens de l’administration foncière de la circonscription de Rutshuru renforcés par les experts de la cellule de numérisation de Goma au Nord -Kivu, les militaires et les populations s’étaient mobilisés, les 27 et 28 juin 2018, pour procéder à l’identification des points de repère délimitant la zone tampon qui était à la source du conflit entre la base militaire et les villages environnants estimés à 1820 âmes fréquemment victimes de rançonnement et arrestation pour avoir franchis « illicitement » les limites du camp militaire de Rumangabo.

« La pose de la première borne sur la zone tampon entre la base militaire de Rumangabo et nos deux villages [Gisiza et Kabaya dans la chefferie de Bwisha, groupement de Kisigari] est un évènement historique », a révélé M. Floribert Hakizumwami, secrétaire administratif dudit groupement, qui a participé, pendant deux jours, à cet exercice.  « Enfin, nous pourrons travailler et vivre en paix, car nos droits sont rétablis », a-t-il conclu.

L’agriculture et l’élevage constituent des activités principales de la population. La terre étant un support de ces activités qui concourent à leur sécurité alimentaire, les taxes et redevances d’usage leur imposées par les hommes en uniforme constituaient un frein aux objectifs de développement de cette partie de la province affectée par des conflits armés.

« Nous payons ces redevances parce que nous n’avons pas de choix.  Ils ont les armes, mais ils savent bien que cette portion de terre où nous pratiquons l’agriculture nous appartient.  Les militaires ignorent simplement les limites de leur camp », a affirmé Madame Florence Fatuma Bangirahe, assistante psychosociale au sein d’une organisation communautaire de la base et résidente du village Kabaya.

Le commandant en chef-adjoint de la base militaire de Rumangabo, le lieutenant-colonel R. Mucho Néhémie et ses collaborateurs ont favorablement accueilli cette initiative de l’ONU-Habitat qu’ils ont totalement soutenu.  « Nous sommes ravis de la résolution pacifique de ce différend, car notre devoir est de servir les populations et de vivre en harmonie avec elles », a déclaré le Commandant en chef-adjoint.

Exprimant ses sincères gratitudes aux deux parties après la pose de la première borne, M. Etienne Kambalé, secrétaire-rapporteur général de la société civile du Nord Kivu, s’est félicité que « ce conflit foncier de longue date ait pris fin de manière pacifique ».  Et de conclure : « cette nouvelle ère de paix entre les militaires et les populations civiles aidera à instaurer une paix, une sécurité et une prospérité durables dans notre province du Nord Kivu ».

L’intervention d’ONU-Habitat a été rendue possible grâce à un financement de DfID, l’Agence britannique d’aide au développement.

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